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Electronic Arts sur YouTube, ou comment gérer efficacement un bad buzz...

vendredi 22 août 2008 à 17:27

Je vous parlais il y a un mois du bad buzz auquel peuvent s'exposer certaines marques lors d'opérations de buzz marketing au goût plus que douteux... Mais le bad buzz peut venir d'ailleurs, sans aucune action précurseur coté annonceur. Comment ? Tout simplement si le produit est défaillant et/ou de piètre qualité. Car depuis que les internautes "ont la parole" sur la toile via les blogs et les plateformes multimédias (vidéo, photos,...), la critique est devenue un art aisé et à la portée de tous.

Pour exemple, il y a un an (le 30 août 2007), un gamer critiquait sur YouTube l'éditeur de jeux vidéos Electronic Arts. L’internaute accusait, dans une vidéo, le jeu de golf Tiger Woods PGA Tour 08 d’être criblé de bugs. Pour étayer son propos, il montrait dans sa vidéo "jesus shot" comment il a pu, durant une partie, effectuer un swing avec Tiger Wood marchant sur l'eau :

Résultat: Plus de 162.000 vues et quelques 280 commentaires moqueurs sur le jeu de EA Sport: un petit bad buzz pour un jeu censé être une référence en matière de simulation de golf.

Dans mon précédent billet, j'évoquais également le réel manque de solution miracle face à ce type de feedback de la part des internautes. Eh bien, Electronic Arts, bon joueur, à répondu Mercredi (mieux vaut tard que jamais) à Levinator25 (l'auteur de la première vidéo) via la fonction "Video Response" de Youtube :

Un bel exemple d’autodérision et d'humour de la part de la firme de jeux-vidéos qui, en plus de gérer avec brio ce petit accident de parcours prouve de surcroît qu'elle est FUN... qualité à mon sens indispensable pour séduire dans le secteur très concurrentiel du vidéoludique.

Une réponse efficace et virale aussi puisqu'en seulement deux jours la vidéo cumule déjà plus de 600 000 vues. Un bon buzz à une semaine seulement de la sortie de l'édition 2009 du jeu de golf en question (on peut d'ailleurs voir l'url du site promo en fin de vidéo). Vous avez dit hasard ?

Devant un si beau coup marketing, force est d’admettre que les « marketeux » de chez Electronic Arts ont parfaitement saisi les nouvelles règles du marketing web 2.0... une « nouvelle ère » où l'on ne contrôle rien mais où il faut savoir faire preuve de créativité et de répartie pour retourner la situation à son avantage. Un exemple à suivre.

Dans son trillion de pages indexées, Google sait (beaucoup mieux) lire le Flash

jeudi 21 août 2008 à 09:27

« Nous savions qu’Internet était vaste ». Jesse Alpert et Nissan Hajaj, 2 ingénieurs de l'équipe en charge de l'infrastructure de la recherche l’annoncent : Google a indexé 1 000 000 000 000 de pages.

Rappel historique: Google a été lancé en 1998 sous l’égide de l’Université de Stamford. Il annonce initialement 26 millions de pages indexées mises à jour mensuellement.

C'est en 2000 que Google a franchi le premier la barre du milliard de pages indexées, arborant alors fièrement sur sa home page ce chiffre symbolique. Fin 2005, à l’issue du jeu "qui a le plus gros index" avec son compagnon Yahoo!, la dernière information chiffrée faisait état de 20 milliards de pages recensées. Désormais il faut compter avec 1 trillion, soit 50 fois plus !

Une dimension insondable mais qui donne une vague idée du gigantisme du web et de la vitesse à laquelle il croît. Il est intéressant de noter que l'on reste assez loin de ce qu'envisagent Larry Page et Sergey Brin, à l'origine du moteur (Google: dérivé de Googol est un nombre inventé par le mathématicien Milton Sirotta composé du chiffre 1 suivi de cent zéros). A ce jour, nous n’en sommes « qu’à » 12 zéros.

Tous les contenus sont-ils référencés ?

Aujourd’hui, nous avons la quantité et la richesse des informations. Qu'en est-il vraiment de la qualité de l’indexation ? Nous sommes en effet loin d'un contenu exclusivement textuel, et l’on peut légitimement opposer une lacune que, jusqu’à présent ni Google ni les autres moteurs de recherche n’ont réussi à combler totalement, à savoir l’indexation des contenus riches. Et plus spécifiquement ceux faisant usage de la technologie Adobe Flash.


Rappelons-le, si cette technologie apporte des possibilités étendues concernant le rich media, elle est en revanche très mal référencée par les moteurs de recherche. La faute à ce qui représente en réalité sa force: une technologie propriétaire permettant un mix de mise en forme et de contenus, le tout assurant un rendu dynamique, mais hélas, sans aucun modèle de référence. Contraire aux modèles de référence du W3C, cette souplesse devient dès lors très difficile à lire par les robots d’indexation qui s’alignent sur ces mêmes recommandations très strictes.

Des contenus illisibles ?

De toutes les techniques de référencement naturel classiques, certaines pratiques permettent pourtant de mieux indexer un contenu Flash. Ce sont principalement des contournements via des scripts tiers qui permettent de dialoguer avec les robots d’indexation. Différentes méthodes existent et sont très utilisées. Mais en réalité, elles n’apportent pas une solution pérenne et native à l’évolution des besoins.
En effet, l’accroissement et la démocratisation des hauts débits permettent davantage de créativité et de possibilité d’interactions avec l’internaute. Les annonceurs l’ont bien compris et font largement appel à ces contenus pour séduire leurs cibles.

Face à ce potentiel théoriquement perdu, Adobe a annoncé avoir travaillé en collaboration avec Google et Yahoo ! pour mieux référencer ces contenus riches. Dans les faits Adobe a ouvert le code source d’une version de son flash player aux différents moteurs. Permettant dès lors à leurs robots de déterminer comment mieux lire les fichiers SWF, à la manière d’une page HTML classique.

Cette évolution est déjà applicable actuellement à Google (source : GoogleBlog). Yahoo! devrait suivre dans les semaines à venir avec la mise à jour de son algorithme. Pour autant, tout n’est pas gagné. La release de cette évolution étant trop récente, il nous faudra du temps et du recul pour en vérifier l’efficacité.

Nous pouvons néanmoins poser dès maintenant quelques hypothèses sur les critères prédominants de cette nouvelle donne :

Ce qui compte :

  • Texte : à l’instar du web sémantique, les mots restent les seuls éléments intelligibles par les robots. En fonction de sa présence et sa densité au sein de l’animation, il va en déterminer l’importance.
  • Liens : les liens permettent d’alimenter l’index de Google, mais également d’indiquer la pertinence d’un site dans son contexte.
  • Les sites fullflash n’en bénéficieront pas : le robot se contentera mécaniquement de lire la page d’accueil du site (privilégier donc a minima un module flash par page html).
  • Les sites dynamiques en bénéficieront partiellement : les résultats de recherche au sein d’un module de contenu dynamique seront affichés, mais ne redirigeront pas directement vers la section voulue. Charge à l’internaute de retrouver ce contenu.

Sur ce point, la construction interne du module Flash sera primordiale pour éviter cet écueil. Dès lors que le module est construit en groupe de clips paramétrés pour un accès direct à un type de contenu (à l’instar d’un plan de site), le robot pourra s’y retrouver et accéder directement au contenu initialement indexé. Dans le cas d’une construction sur un seul bloc ou plusieurs blocs non paramétrés, il sera plus difficile au robot de naviguer dans ce même module. Ne pas oublier que le robot est un simple lecteur de contenu. Il ne peut pas interagir avec ce qu’il indexe.

Ce que nous ne savons pas :

  • Quid des images : n’étant pas appelées de la même manière que la méthode HTML, comment le robot distinguera-t-il et identifiera-t-il une image d’un contenu textuel sachant que le tout est embarqué dans un seul module ?
  • Quid de la structure : c’est la grande inconnue de cette évolution. Comment le robot va-t-il déterminer la structure de la page et ses différents points d’entrée s’il n’en distingue pas la construction ?


  • Quid des sources de données externes: les plupart des sites en flash sont alimentés en contenu par des fichiers externes (type XML) leur garantissant une capacité de mise à jour rapide. Les bots remonteront-ils jusqu'à ces fichiers pour en indexer le contenu ?




Ces points nous indiquent de nouvelles règles à prendre en compte a priori. L’idée sous jacente est la professionnalisation des expertises Flash et l’évangélisation des bonnes pratiques pour garantir un référencement optimal.
Aspects qui sont parfois loin d’être pensés en amont de la conception d’un module riche, faute de temps ou de connaissance. Désormais ils représentent un aspect réellement stratégique.


 Pourquoi est-ce cependant une évolution majeure ?

Certes, par le passé, Adobe a déjà ouvert le code source de manière partielle à certaines organisations comme Mozilla. Pourtant cette étape est autrement plus importante car Adobe exhibe sa technologie, chèrement acquise en 2005 pour 3,4Mds$, àà des organismes à vocation commerciale. Preuve qu’Adobe a décidé de combler un gap en standardisant cette technologie, largement utilisée et pourtant trop peu visible.

Quels enjeux ?

Revenons-en à l’origine du problème : le référencement est un art trop peu maîtrisé dont les tenants sont assez mal perçus par les annonceurs. A tort. On a coutume de dire qu’au-delà de la seconde page de résultats, l’internaute est considéré comme perdu. Obtenir un bon référencement est donc primordial quand on est en quête de visibilité.

Dans ce contexte, face à la tendance d’ego-casting du « tout » et « tout de suite », le message doit être rapidement captable, compréhensible, mais avant tout délivrable.

Pour séduire un public toujours plus sélectif et exigeant, les initiatives de RIA (Rich Internet Application) se multiplient. Leur indexation qui est désormais optimisée va dans le sens d’une meilleure synergie entre l’expérience utilisateur et la quête de visibilité. Deux buts auparavant contradictoires et désormais potentiellement compatibles.

Pourtant pas sans arrière-pensées :

Si des contenus riches vont faire naturellement leur apparition en tête des classements de recherche, Adobe entend bien tirer parti de cette redistribution en se hissant comme la référence des contenus rich media. Un moyen de tuer Silverlight dans l’œuf ? Oui, mais pas uniquement. Plus que d'écraser le dernier né de Microsoft, ou de faire un geste altruiste envers les moteurs, c'est davantage pour argumenter sur sa propre technologie AIR, solution multi-technologique qu'Adobe promeut comme une option viable auprès des développeurs... mais qui fait largement appel à la technologie Flash.


Un moyen de préparer le terrain en somme.

La presse en ligne doit-elle faire payer ses archives ?

jeudi 14 août 2008 à 13:44

La presse en ligne édite, pour la majorité, son contenu éditorial gratuitement mais hésite encore à proposer ses archives sur un modèle également gratuit. Certains titres commencent à le faire, d’autres font payer pour la totalité alors que les autres proposent un système mixte.
L'accès gratuit à ce type de contenus leur permet d’augmenter leur audience donc leurs revenus par une monétisation plus importante de leurs espaces publicitaires.
En effet, l'accès à ce type de contenus est souvent conditionné à une inscription de l'internaute (opt'in) et permet aux titres en ligne de se constituer une base de données hyperqualifiée donc une source de revenus supplémentaires.

C’est le cas du New York Times qui a opté pour un modèle mixte à savoir la mise à disposition gratuitement de son service d’archives depuis 1981. Les archives plus anciennes, de 1851 à 1980 sont quand à elles payantes, de 3,95 livres l'article à 15,95 livres le pack de 10. En migrant vers ce modèle, le quotidien se prive de revenus directs mais fait également évoluer son image et son audience car plus proche des besoins utilisateurs.

Fin juin, le quotidien britannique Times Online a mis gratuitement en ligne ses archives depuis le 1er janvier 1785 (date de naissance du journal) jusqu’au 31 décembre 1985. Les archives après 1985 seront en ligne dans les mois à venir ainsi que les archives du Sunday Times.
Tous les articles ont été scannés et numérisés avec les maquettes de l’époque. L'internaute peut alors trouver toutes les infos qu'il souhaite de Jack l'éventreur à la seconde guerre mondiale, la saga de la famille royale...
Un outil permet d'effectuer une recherche par mot clé, sujets, catégories, date ou période, la recherche peut également se faire via une échelle de temps très visuelle.


Quelques fonctionnalités proposées à l'internaute :

  • Envoyer un article par mail à un ami
  • Imprimer un article
  • Accéder à une version texte global ou zoomer
  • Retrouver ses articles favoris
  • Cliquer sur une image ou la déplacer
  • Sauvegarder un article
  • Effectuer des recherches dans le corps de l'article grâce à un logiciel de reconnaissance de caractères

Ce service gratuit ne le sera apparemment que pour une période limitée selon Times Online qui n'exclut pas à l'avenir de proposer une formule payante.
Mais Times Online pourra-t-il passer d’une version gratuite à une version payante sans effets négatifs sur son image ou son audience ?
Les internautes sont-ils prêts à payer pour consulter ce type de contenus ?
Quels services supplémentaires peut-on leur proposer pour passer à l'achat ?

Times Online rejoindra-t-il la politique du groupe auquel il appartient ? The Guardian Media Group propose en effet en version payante les archives de ses titres The Guardian (1821) et The Observer (1791, archives disponibles jusqu’en 1990) via un site dédié : http://archive.guardian.co.uk, après les avoir proposé en version gratuite pendant 1 mois.

Le Times peut être considéré comme l’équivalent du Monde en France, alors qu’en est-il de nos titres de presse français ?

Les archives du quotidien Le Monde de moins de 3 jours sont disponibles gratuitement. Au-delà de cette courte période, l’accès est payant : 2 euros à l'unité ou réservé aux abonnés du Monde.fr, un crédit de 25 archives pour 6 euros par mois. Tous les articles sont disponibles depuis 1987 mais ne contiennent aucune illustration (ce qui règle le problème de la gestion des droits).
Le Monde diplomatique, mensuel, propose une formule plus accessible avec une période de 2 ans en accès libre et le reste en version payante.

Le Monde a donc opté pour un modèle reposant à la fois sur la vente et la gratuité d'une partie de ses archives. Gratuites pour les plus récentes avec un objectif d’optimisation de son référencement et d’augmentation de son audience et payantes, générant ainsi des revenus directs.

D'autres titres proposent des modèles différents :
Le Figaro et ses différents forfaits en fonction de sa consommation d'archives.
L'Humanité avec ses archives accessibles gratuitement (depuis 1990).

Si la vente des archives en ligne représente une manne financière pour les titres de presse, ces archives peuvent aussi apporter d'autres bénéfices si elles sont proposées gratuitement aux internautes :

  • en terme d'image : une entreprise proche de ses lecteurs et offrant des services
  • en terme d'audience : des archives gratuites peuvent générer du trafic et le fidéliser
  • en terme de monétisation : plus d'audience qualifiée = augmentation de la vente d'espaces publicitaires
  • en terme de référencement : les nombreuses pages des sites de presse en ligne sont souvent reprises sur des sites d'infos (exemple : Google News)
  • en terme de concurrence : les archives représentent un atout différenciant et fort sur les bloggers
  • en terme d'innovation : la presse peut enrichir sont offre et proposer des services spécifiques aux niches qu'elle aura pu identifier via l'opt'in.

Les sites de presse en ligne proposent quasiment tous un service d'archives mais sont encore hésitants sur le modèle à adopter.
Mise à disposition gratuite ou payante, modèle mixte... les titres peuvent aussi les proposer gratuitement pendant un temps donné dans un objectif de notoriété et ainsi faire découvrir leur nouveau service.

Autre exemple original, le site Toutsurlalgerie.com propose des archives, payantes uniquement au-delà de 5 jours ou accessibles à ses abonnés mais avec une offre de services qui va au-delà, avec la mise en ligne de documents inédits, des dossiers ou des analyses sectorielles.

Le modèle idéal, pour les internautes comme pour les titres de presse, évoluera-t-il vers ce type de solutions ?
Des archives mises à disposition gratuitement et des services payants avec plus de valeur ajoutée ?
Et quels types de services proposer ? Une évolution possible pourrait être une forme de bookmarking social avec le développement du contenu affinitaire : ceux qui ont lu cette archive ont également lu celle-ci.
Autre possibilité : un système qui proposerait à l'internaute, sémantiquement et en fonction de son surf, des suggestions sur le dossier ou l'article le plus adéquat pour lui, une évolution vers un service sur mesure

Quel sera finalement le modèle adopté par Times Online ? Le quotidien va-t-il vraiment migrer vers une solution 100% payante ?
A vérifier dans les prochains mois...

Web 2.0, suite et fin ?

lundi 04 août 2008 à 14:52

A mesure qu’une veille continuelle est réalisée sur la sphère internet via blogs, sites d’informations et autres sites sociaux, on constate une ébauche de crise au beau milieu de cette masse d’informations. C’est en soit que l’on distingue un fossé séparant des clients en manque de vérité, et des annonceurs manquant de transparence. Une dualité retranscrite dans le billet de Renaud Perrin à partir du dernier numéro de Stratégies, une blogosphère devenue Business…

Mais tout d’abord une vidéo virale pour présenter une relation client / annonceur (en anglais) qui résume l’idée de coexistence contrariée entre deux parties conjointes :

En tout état de cause, une réflexion actuelle se pose et s’est vue relayée sur :

De cet état de lieux, on peut conclure que les détracteurs du web collaboratif sont arrivés à leurs fins. A vouloir utiliser l’ensemble des leviers 2.0 pour se faire connaître, la marque a perdu son identité, perdu en crédibilité et a, de surcroît, perdu sa communauté et ses clients. Ceci vaut particulièrement pour une blogosphère devenant média (Cf. Billet traitant le sujet « annonceurs cherchant leviers Buzz / Social Media »), pour laquelle on tend à voir une perversion des objectifs / intérêts premiers des blogs. Le blog, ou « simplement » un lieu de partage et de discussion autour de thématiques propres au blogueur…

Néanmoins, à l’heure du 2.0, et face à l’exposition au sein de la toile de ce concept grandissant, la question est de savoir s’il reste toujours un moyen d’actualités, viable et efficace ? Cette multitude de marques, pensant utiliser ces nouveaux supports de communication pour se développer, ne se forcent-ils pas à « se casser les dents » contre un univers difficilement contrôlable, et dont personne ne souhaite être exposé à des critiques négatives. Ces mêmes annonceurs, faisant fronts à ces multiples interrogations, sont désormais à la recherche de voies de secours pour leurs marques en perte de visibilité …

Via Webilus

Présentement, avec les éléments identifiés et malgré tous ces opposants, le web social possède encore quelques atouts en manche, qui lui permet d’affirmer le prolongement de ce concept dans la sphère. S’inscrivant dans une révolution digitale, le 2.0 s’oriente vers une transition avec un web se voulant sémantique (Axé sur la personne et l’identification de besoins personnalisés). En ce sens, une crise passagère, pour laquelle des marques cherchent une posture idéale et aspects à développer, au travers de blogs, d’un concept media social s’ancrant dans les mentalités, et autres opérations étonnantes et délurées (Vauxhall // New Rocket via Marketing Alternatif). La réussite des actions e-marketing mise en place lors de campagnes dépend de ce fait, de la différenciation de l’approche ainsi qu’une parfaite compréhension du message et de sa cible.

Via Marketing Alternatif

Comme en atteste, Fred Cavazza, qui expose l’importance des campagnes à 360 ° (Voir pour le coup à 720°), ou Olivier Mermet avec son billet "l’importance des médias sociaux ainsi que le dialogue entre clients et annonceurs", la réalité est qu’il existe une actuelle prise de conscience vis-à-vis d’un positionnement cohérent, mettant désormais le client au cœur de la démarche marketing. Un autre numéro de Stratégies (daté de mai 2008) présente ce changement de mentalité avec la création de nouveaux postes tels Insight Manager, Integrated Marketing Communication Director ou Community Manager qui corrobore ce discours. La volonté de travail sur l’image de marque, avec ce positionnement Branding, appui ce souhait de se distinguer d’une masse d’annonceurs en vue d’obtenir transparence, expérience-utilisateur, et notoriété, comme l’atteste ces entreprises ayant entamés « l’approche réseaux sociaux » (Coca-Cola, Nike, Toyota…).

Pour résumer et répondre aux éventuelles craintes actuelles ; Buzz Marketeurs, consultants medias-sociaux, concepteurs-rédacteurs et autres adeptes de la communication, nous pouvons souffler, nos postes ne sont pas menacés par ces crises passagères

Mobilité : le code 2D, technologie prometteuse du marketing in situ

mercredi 30 juillet 2008 à 18:49
« Un mobile, ça sert à téléphoner ». Cette petite phrase qu’on entend régulièrement sur un ton humoristique révèle au fond que le téléphone aujourd’hui dépasse sa première fonction. Il s’inscrit dans les nouveaux usages liés à la mobilité en tant qu’objet nomade et remplit aujourd’hui bien d’autres rôles… Et le marketing ne s’y trompe pas en investissant ce nouveau terrain de jeu.

Quelles sont les raisons qui ont permis le développement de campagnes marketing sur mobile ? Le progrès technologique en est une (amélioration de l’ergonomie des terminaux, augmentation de la bande passante, apparition de forfaits illimités), mais c’est, à mes yeux, la bonne compréhension des aspects psycho-sociologiques de ce média qui est le facteur clé de succès. A lire sur le sujet l’étude réalisée par l’AFOM : « téléphonie mobile, usage et comportement sociaux » :



J’en retiens un point tout particulier concernant les relations des Français à leur téléphone mobile : elles sont ambivalentes et changeantes. Le téléphone mobile est tour à tour personnel et éphémère, intime et visible, tout est une question de contexte !

Le téléphone mobile est un objet nomade, nous l’emportons pour chacun de nos déplacements, c’est le seul média que nous pouvons consommer en continu, 24h/24. S’il est intéressant puisque par nature intime et personnel, il faut néanmoins faire preuve d’une grande prudence quant à la sollicitation du consommateur sur ce média considéré comme une véritable « boite noire individuelle ». Il s’agit donc de mettre en place un dispositif non intrusif (permission marketing) mais également et surtout fournir l’information adaptée, au bon endroit, au bon moment.

Le consommateur est littéralement assailli par la publicité push traditionnelle et, notre capacité à analyser, mémoriser et réagir face un message publicitaire est de plus en plus limitée. Il convient de mener une réflexion globale sur les lieux et moments où les consommateurs seraient prêts à engager la conversation avec la marque. Les situations « d’attente » pourraient être un premier élément de réponse, comme nous l’explique Diana Derval dans son livre intitulé « wait marketing ».

Les enjeux de la mobilité en marketing dépassent la vision classique du « marketing mobile » en considérant un marketing in situ qui englobe le contexte d’émergence du besoin. Jean-Pascal Mathieu parle de « marketing au point de besoin », un marketing in situ qui tient compte du contexte d’utilisation selon lequel il faut envisager le canal et le média les plus appropriés.

Sous cet angle, l’approche marketing in situ révolutionne le potentiel d’exposition de l’affichage et la PLV, notamment en donnant une dimension interactive à ces supports de communication « classiques ». Par exemple, par le biais de tags 2D ! Un moyen simple et efficace de fournir un accès rapide à tout type de contenus multimédia… pour simplement communiquer sur l’annonceur, répondre à un besoin spécifique du client en situation de mobilité, occuper des potentielles situations d’attente, générer du trafic en point de vente…

Même si nous sommes encore loin de ce que nous pouvons observer au Japon, les initiatives se multiplient et nombres d’annonceurs commencent à entrevoir le potentiel énorme de la technologie des tags 2D.

En France, Gaël Muller avait repéré quelques rares initiatives en 2007 et le potentiel de la technologie des tags 2D pour générer du trafic on line.

Je pense aussi à l’impact sur l’image de marque avec par exemple ce tag de 12 mètres sur 12 posé par la BNP sur les moulins de Pantin. Une information relayée par de nombreux blogs et qui renforce l’image de la BNP en tant que société innovante. Vous avez peut être également aperçu dans le métro Parisien, la campagne du wall street institute, un bel exemple d’utilisation du code 2D comme vecteur de génération de trafic. N’est ce pas également la possibilité de mesurer l’audience d’une publicité offline ?



D’énormes possibilités sont envisageables en matière de convergence des médias : Support print vers mobile mais également web fixe vers mobile voire TV vers mobile, comme nous le montre la chaine MTV France et son émission « Crispy news ».

Bien que de plus en plus connu du grand public, il faut néanmoins faire preuve de pédagogie afin de sensibiliser les « non initiés » à la technologie. C’est le pari réussi des pages jaunes qui lance cette année son annuaire interactif (en partenariat avec la société mobiletag) et les explications éclairantes de fred et jamy :



Une communication efficace mais surtout une réelle valeur ajoutée en situation de mobilité (plan du quartier, itinéraire, photos…).

Voici également un très bon exemple d’utilisation du code 2D avec l’apparition, en France, d’opérations de packaging interactifs. A l’origine de cette démarche le groupe Casino, qui permet à ses clients, sur le point de vente (in situ), d’accéder à des compléments d’informations sur le produit. Il s’agit pour le moment de l’indice carbone, mais nous pourrons imaginer demain des informations sur la traçabilité du produit, sur des recettes ou accompagnement, sur des informations énergétiques ou allergènes… comme nous l’explique Alain Bizeul, directeur de la marque Casino :



Enfin, je finirai par un tag qui a certainement dû retenir votre attention lors de votre promenade sur les Champs Elysées, il s’agit de Celio. Cette campagne qui peut s’apparenter à du « m-couponing », s’est déroulée du 25 Juin au 2 Juillet 2008.
Le principe : Je scanne le flashcode présent sur la façade du magasin et je présente mon téléphone mobile en caisse pour bénéficier de 10% de réduction supplémentaire. Une communication originale et interactive par le biais des codes 2D permettant à la marque de générer du trafic en magasin.

Bref, le monde réel, hors web, devient potentiellement interactif en situation de mobilité, avec les codes 2D notamment, la seule limite de la technologie étant l’imagination ! Sony l’a bien compris puisqu’ils mettent à contribution les internautes dans un grand jeu concours sur les codes 2D.
En scannant le code, nous pouvons lire: « In 25 words or less in the comments, below, tell us how QR codes will make the world less ordinary ». Une idée intéressante permettant de capitaliser sur les idées et propositions de la communauté des mobinautes.

Des initiatives intéressantes autour du code 2D et une vraie révolution d’usage autour de la mobilité par le biais de cette technologie qu’il faut maîtriser : Qui sont les acteurs de ce marché porteur ? Quels sont les différentes normes de codes 2D ? Quels impacts sur le consommateur ?

A suivre dans un prochain billet…

L'intranet de demain est un intranet soluble ?

lundi 28 juillet 2008 à 14:23
L'entreprise 2.0, grand sujet du moment, est peut-être enfin aussi la promesse que les premiers bricoleurs d'Intranet ont longtemps rêvée et attendue au sein de leur entreprise. Lorsque l'on me pose la question sur l'Intranet de demain, voici quelques idées, à débattre, mais qui me semblent bien des composantes fortes pour décrire un Intranet actuel et précurseur.

1.Une révolution démographique et le digital comme moteur sociétal

Lire à ce sujet le billet de Sophie MORIN récemment sur emarketing Garden sur les aspects RH en entreprise et la génération Y ou "Digital Natives" qui opère une révolution démographique et donc d'usages au sein de l'entreprise et par voie de conséquence sur son système d'information. Ce changement démographique dépasse l'entreprise et s'inscrit aussi dans le succès du web 2.0 en général et l'impact de la mobilité. La première conséquence sur les usages est la solubilité des moments de vie envie entre eux de tout un chacun. François Rousseau, du planning stratégique sqli agency, révèle la notion de dividu de Deleuze , individu multi-facettes qui serait comme un poisson dans l'eau dans le 2.0 . La libéralisation du web qui ont fait le 2.0, ses technos faciles d'accès, leurs dimensions sociales et d'hypersonnalisation, permettent l'expression et l'expérience des nouveaux usages, de nouveaux comportements et on peut parler d'un nouveau style de société, où le digital devient moteur sociétal, ou autrement dit le online/offline deviennent solubles, avec ce dividu qui s'y retrouve naturellement. Ainsi, le système d'information de l'entreprise ne pourra y échapper !

2. Les collaborateurs, première audience prescriptive des marques de leur entreprise

Certaines entreprises se vivent aussi comme marque et donc peuvent en ce sens mettre en scène les aspects branding et un dispositif de marketing on line aussi sur leur intranet. Le collaborateur devient prescripteur de la marque et peut devenir une cible de choix sur certaines campagnes marketing, en le faisant un des premiers maillons de la chaine virale.

3. La solubilité du pro dans le perso et vice-versa , déportable sur toutes les plateformes

L'usage des technologies de type "Instant Messenger" signale depuis plusieurs années déjà cette solubilité pro-perso. Et on peut envisager que l'intranet offre un niveau d'hyperpersonnalisation dans une logique de déportalisation mixte (widgetisation) des modules métiers et perso, en tenant compte des préoccupations professionnelles mais aussi personnelles et quotidiennes du collaborateur, et de fait modifiant sa vision de l'entreprise ouverte davantage à la sphère privée (et réciproquement ?) . Les widgets vie perso et widgets corporate-métier du collaborateur cohabitent sur sa page personnelle, à la fois celle de son Intranet mais aussi celle de son netvibes ou igoogle, ou sur son profil facebook ou sur son smartphone, voire à terme sur toutes autres plateformes fixes et mobiles, domestiques et professionnelles.

4. Une solubilité non imposée avec la gestion de plusieurs identités numériques

Cette solubilité devrait être "naturelle", c'est-à-dire découlant d'une façon d'être (celles des Digital Natives) sans être imposée , certains collaborateurs scindant volontairement leurs mondes, en gérant plusieurs identités, par philosophie ( ou par rejet ?). D'où la nécessité , afin de préserver "l'intimité" des collaborateurs, et lever quelques inhibitions légitimes, d'intégrer dans le réseau d'entreprise la gestion universelle des identités ( de type méta-réseaux comme Plaxo, OpenSocial, ... par exemple).

5. Et pour finir, il y a évidement le participatif , le collaboratif et le rapprochement affinitaire qui anime l'intelligence collective de l'entreprise, ce qu’on appelle plus communément Entreprise 2.0, qui vient bousculer la logique pyramidale et la logique métier, dans le sens où la logique de chapelle (ou de clocher) est moins vraie car on peut partager des connaissances plus facilement.Si l'Intranet de demain joue sur les communautés et les micro-communautés en tablant sur l'approche horizontale, je m'’interroge sur leurs ouvertures les unes aux autres, avec le risque d'une ghettoïsation qui irait contre la logique de fédération autour de son entreprise.

6. Pour conclure, l’Intranet du Futur tend vers une solubilité avec son lot de freins et facilitateurs.

La résistance au changement est évidente mais par forcément là où on l’attend : le renouvellement démographique et la démocratisation des outils 2.0 dans la sphère privée ou personnelle est une belle opportunité pour faire évoluer l’Intranet. Par contre, la résistance au changement se pose sur le management qui tend pour des raisons légitimes à maitriser l’information et son partage, mais le faut-il nécessairement sur tous les champs informationnels ? Où commence la responsabilité de l’utilisateur final de l’outil ? Si on considère que le management se renouvellera démographiquement plus tardivement, un travail de persuasion et de pédagogie sera nécessaire envers ces acteurs décisionnaires . Par exemple, en s'appuyant sur les bénéfices du 2.0 en terme de roi , de productivité, de gain en réactivité de l’entreprise et de créativité de l’entreprise, misant davantage sur ses ressources humaines en fluidifiant son SI.

Pour aller plus loin sur l'Entreprise 2.0: rencontrez Charlie et surfez sur le blog de Pascal Veilleux et Coroline Gagnon:

L'individu est mort, vive le dividu !

vendredi 25 juillet 2008 à 09:45
Le constat de départ est simple. Tout individu possède plusieurs groupes de relations : famille, collègues, amis proches, couple etc. Or son comportement et sa communication vis-à-vis de ces différents groupes ne sont pas identiques. Un même individu ne se comporte pas de la même façon avec ses amis, qu’avec sa famille. C’est évident. Par extension, l’individu n’est pas unique, il possède plusieurs personnalités et plusieurs comportements en lui, il n’est plus indivisible, il devient donc dividu (on parle aussi d'infra consommateur, ou de consommateur infra individuel) comme nous l’explique Raphael Berger du Credoc.


Un constat effectivement simple mais une révolution assez troublante qui secoue notamment certains fondements de la sociologie et de la psychanalyse basés sur la notion d’acteur social et l’existence d’un moi inconscient. Pourtant quand on y réfléchi, cette transition d’individu à dividu existe déjà dans les faits. Regardez vos amis sur Facebook : on a parfois accès à des éléments de vie privée, des informations professionnelles, des activités artistiques ou associatives… Bref, des bouts de vie fragmentés qui sont pourtant les éléments d’une seule et même personne. Plus largement, tout un pan des nouvelles applications web qui se développent depuis quelques mois va dans le sens d’un individu à l’identité numérique fragmentée. Notamment les outils de life streaming qui s’inscrivent pleinement dans l’existence des dividus, le service d’assistance numérique skaaz, qui répond sur une messagerie instantanée pendant notre absence, et la version professionnelle "iwantsandy".

Il existe manifestement un mouvement simultané de montée de l’egocentrisme où l’on cherche à s’afficher, et une volonté de jouer avec de multiples identités. La notion de dividu stigmatise une nouvelle raison d’être née avec les technologies en réseau et démocratisée par le Web 2.0… Mais soyons clair, nous restons nous même. Disons que le tissu social et les possibilités offertes par la technologie nous permettent d’assumer plus facilement les différentes facettes de nos dividualités et d’en jouer. Il faut bien avouer que cette version fragmentée de l’individu est plus en adéquation avec l’air du temps. Et d’un point de vue plus pragmatique, cette focale dividuelle est un excellent moyen pour les marques d’appréhender le consommateur de façon plus juste et de réévaluer leurs relations avec eux. Certaines ont déjà franchi le cap. Petite plongée en 5 points dans le monde des besoins dividuels et des implications pour les marques :

« Je fais venir le monde à moi » : plus une proposition est personnalisée, plus elle a de la valeur. Le dividu recherche la personnalisation de ces biens, une co-production par une relation multi canal porteuse de sens. Nike l’applique mot pour mot.

« Je veux une réponse globale » : les dividus ont des besoins nouveaux et surtout globaux. Ils ne recherchent plus directement les produits, mais une solution globale, un accès à une série de services et de produits. Les marques doivent élargir leurs offres, pratiquer le bundle, mettre en place des partenariats. C’est déjà le cas dans le secteur du tourisme avec notamment Bangkok Airways qui fait commencer les vacances dès l’enregistrement des bagages.

« J’ai de la ressource » : le dividu n’apprécie pas le rapport trop forcé de la vente. Il esquive les chocs. S’il en subie un, il ira immédiatement acheter ailleurs, ça n’est pas un problème pour lui. Les marques doivent être dans un processus de séduction permanente, dosée et intégrée pour éviter le climat d’instabilité et les ruptures qui s’en suivent. Le coaching des consommateurs est effectivement une tendance très répandue : regardez Axa.

« Je suis expert, relié et multi-présent » : les moyens de communications sont désormais nombreux. Le dividu sait les utiliser de façon active. Il se démultiplie et régule ses présences, ses rencontres ... Il joue avec son désir d’extimité Face à ça, les marques doivent respecter les prises de paroles associées, s’adapter aux outils des dividus (les invitations via facebook par exemple), voire les devancer, comme le fait Celio. Ou comment les usages portés par la génération Y poussent la marque à devenir conversante.

« Je cherche à me liguer avec mes semblables » : les dividus sont fragiles, et solitaires. Ils font confiance à leurs pairs auprès de qui ils sont à la fois émetteurs et récepteurs de conseils. Les marques sont alors contraintes de participer intelligemment à la ligue, et surtout ne pas être intrusif, en s’adaptant aux codes pratiqués. Typiquement, Coca Cola qui s’associe aux lancers de cannettes de manière transparente, juste pour soutenir un geste fun et écologique.



Le terme dividu est emprunté à Gilles Deleuze via Jan Söderqvist et Alexander Bard auteurs de l’excellent “Les Netocrates” et les 5 points sont issus de l’étude Crédoc Pages Jaunes.

Quand le buzz "débuzze"...

mercredi 23 juillet 2008 à 13:38
Si le buzz marketing est fréquemment utilisé aujourd’hui par les marques dans leur stratégie de communication c’est bien évidemment parce que cette technique a très largement fait ses preuves ces dernières années en termes de ROI et de gain de notoriété.

Et si le Buzz buzz et se formalise, c’est bien grâce à la prise de parole des consommateurs qui régit le « nouveau web » et, par extension, le bouche à oreille ; mais quand les consommateurs (les blogueurs) prennent la parole, ce n’est pas forcément pour dire que du bien (et très souvent à juste titre) : le bad-buzz guette…

Pour que le buzz « marchent », les créatifs doivent faire preuve d’une imagination de plus en plus débordante qui donne souvent naissance à des campagnes (vidéos, streets, concours,…) innovantes qui « dévergondes » parfois des marques vieillissantes et/ou au produit peu « excitant ». Mais parfois, à vouloir trop jouer le jeu de la provoc‘, elles se brûlent les doigts… et l’addition (en terme de rayonnement de marque) est souvent plus salée que la mer rouge.


Le cas POWEO
Souvenez-vous, l’été 2007 : La France en demi-finale de la Coupe du Monde de rugby… Une frénésie populaire s’était déchainée autour des bleus de l’ovalie, et les marques n’ont pas attendu pour profiter de leur notoriété. C’est Poweo qui a dégainé le premier en utilisant l'image de l’emblématique Sébastien Chabal :


Fausse bonne idée puisque la pub (destinée au web uniquement) a été LE bad buzz de l’année. En moins d’une semaine de nombreux blogueurs on relayé la vidéo sur Daily Motion, You Tube et Facebook pour s'indigner de l'exemple ainsi renvoyé aux jeunes enfants et exiger le retrait de la publicité.

Le cas SAMSUNG : « Incredible Fall »
Moins connu mais d’un goût tout aussi douteux, l’opération « Incredible Fall » de Samsung. Pour son teasing, la marque a eu la bonne idée d’envoyer aux blogueurs (à un jour d’intervalle) une boîte à meuh, un parachutiste en plastique et … une véritable oreille de vache.



Le buzz kit étant censé illustrer la vidéo et le site de teasing de l’opération marketing .
Même si on entend bien la volonté de provocation de la part de l’agence on se demande pourquoi n’avaient-ils pas anticipé les réactions virulentes des blogueurs. Car après cela, difficile de « rattraper le coup »

Rattraper le coup… est-ce réellement possible, puisque « la Toile » est indélébile (cet article en est la preuve) :
  • Powéo à hérité (ad vitam eternam?) d’un bon google-bombing : « poweo irresponsable »
  • Les articles sur l’opé Samsung « Incredible Fall » seront probablement consultables encore très longtemps.
Christophe Ginisty, président de l'agence de RP Rumeur publique donne un début de réponse ; selon lui « il ne suffit pas de couper un espace d'expression pour arrêter la crise, car elle va alors se développer ailleurs, comme une étoile de mer à laquelle on coupe un bras. ». Le "mea culpa" semble donc être la seul alternative pour la marque à condition d’identifier en quoi « les râleurs ont raison et de les informer de façon collective pour reprendre le contrôle».

Quoi qu’il en soit, la « recette miracle » n’existe pas. Et pour éviter le retour de bâton, le mieux reste encore de rester vigilant dès la conception de sa campagne virale et surtout conscient que lorsque que l’on s’adresse (potentiellement) à une communauté de plus de 4 millions de blogueurs (200 millions dans le monde) on marche réellement sur des œufs...

Les nouveaux usages révèlent une sociologie 2.0

lundi 21 juillet 2008 à 10:48


" L’émergence des usages conduit l’entreprise à repenser et à renouveler ses moyens de communication… ce qui induit quelquefois un véritable changement culturel pour l’entreprise dans sa manière d’aborder les ressources humaines. Car dans le secteur RH, c’est sur l’Humain que porte la communication. L’Entreprise 2.0 est "l'entreprise conversante" et cette conversation passe par l'amorce d'un dialogue avec les candidats potentiels avant même leur recrutement."

Cet extrait est tiré du très éclairant billet de Sophie Morin sur l'impact de l'arrivée de la Génération Y ou "Digital Natives" dans le monde du travail et la mutation qui devrait s'opérer au sein de l'Entreprise, sa politique de recrutement, de management, d'organisation et de knowledge management.

Je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement de ces nouveaux comportements en entreprise avec ceux en dehors : les internautes parés de leur multiples facettes ( connectés ou pas, au travail, en communauté ou dans sa solitude choisie, dans la vie associative , sportive ou la vie civique et politique, dans la vie amoureuse ou familiale, etc...) se singularisent finalement dans un style qui leur ressemblent et les rassemblent: un style de société 2.0 où l'individu, sa communauté trouve matière et outils à ses multiples expressions existentielles !

Il y aurait donc une corrélation forte d’esprit, d'envie, de style de façon d'être des "Digital Natives" avec l'émergence et le succès autour de ces nouveaux usages.

C'est un indice supplémentaire pour comprendre l'engouement et la déferlante du Web 2.0 ces 2 dernières années et la posture "conversante" à laquelle les entreprises doivent s'adapter ( "se contorsionner") en matière RH, en matière organisationnelle et d'intelligence collective. Idem vis à vis des comportements et désirs de ces salariés qui sont aussi des consommateurs "Digital natives" envers qui les marques doivent trouver un certain écho, un certain lien, un mode relationnel d'un nouveau genre (marques conversantes).

La compréhension du marché, ses acteurs, les nouveaux usages qui s'y jouent et s'y inventent participe d’une même matrice que l’on peut décoder au travers de ce prisme que l'on pourrait qualifier de "paradigme conversationnel".

On est véritablement en présence d'un vrai mouvement de fond avec des individus qui sont nés dans le digital (Les "Enfants du web" par opposition aux "Enfants de la télé" =babyboomer) et leurs autres stratégies dans lesquelles s’inscrivent les nouveaux usages en tant que candidat ou salarié/ consommateurs/citoyen/ que je sois on ou off line/ seul ou avec mes amis.

Adwords Académie : débriefing d’une journée « Googlesque »

mardi 15 juillet 2008 à 15:44

La semaine dernière s’est tenue la session annuelle de la Google Adwords Académie dans le 11ème arrondissement à Paris. Par curiosité et conscience professionnelle, je m’y suis rendue dans l’espoir d’en découvrir encore plus sur ce mythe qu’est Google.

En guise d’introduction de la matinée, une présentation très sommaire de l’outil Adwords avec la finalité, d’une part, de sensibiliser les novices, découvrant cet outil de publicité en ligne à la performance, et d’autre part, de susciter un constant intérêt des experts vis-à-vis de cet outil.

En bref, une matinée placée sous le signe de l’initiation, notamment par une présentation du service Jumpstart (Service d’accompagnement d’agences sur Adwords) et d’Analytics. Ceci s’orientant l’après-midi vers des aspects plus ciblés touchant l’optimisation des campagnes (présentation axée sur le Quality Score) ainsi qu’une approche d’ouverture via les nouveaux formats e-pub (Vidéos, Gadgets) proposés par Google.

Pour résumer cette journée d’un point de vue expérience-utilisateur, la thématique Adwords a été intégralement abordée dans sa mise en place et son utilisation. L’objectif était d’apporter une approche pédagogique et ciblée des liens sponsorisés. Cependant, l’ensemble est apparu comme trop générique car ne rentrant pas dans le détail du fonctionnement propre de cette stratégie e-marketing (Exemple : faire baisser ses CPC, ou Coût Par Clic, en modifiant les annonces et en améliorant le CTR). De même, aucun conseil n’a été donné pour la segmentation de campagne : Pourquoi créer plusieurs campagnes et Adgroups ? Comment répartir les budgets ?

Par ailleurs, à aucun moment la plateforme Adwords Editor n’a été abordée. Il aurait été utile de la présenter car elle simplifie énormément le travail des utilisateurs, et plus particulièrement ceux n’ayant pas encore connaissance de l’outil. De plus, il aurait été intéressant de savoir comment la plateforme va évoluer du fait des nouveaux formats publicitaires et des évolutions quotidiennes au sein de Google.

Malgré ces omissions, le bilan de la journée est plutôt positif, sachant que sur une journée de conférences, le temps alloué à une mécanique détaillée des liens sponsorisés et